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 MOT DE LA RÉALISATRICE

Qu’est-ce qui nous fait agir ? Quitter la peine, l’effondrement ou même le trou confortable où l’on s’est terré ?

Avec IMPETUS, (du latin im= dedans, et petere =chercher), je voulais « chercher à l’intérieur », scruter une émotion profonde. Sonder cet espace où se transforme l’être en proie à l’anéantissement. Ausculter ce « temps mort » qui s’avère en réalité fécond puisqu’il prépare le prochain élan. D’où le titre IMPETUS : élan, impulsion, force de mouvement.

J’ai fait le pari de mélanger fiction et cinéma-vérité. Sur la base d’un canevas souple, j’ai placé les acteurs dans des situations réelles où ils improvisaient avec des gens de la rue, à New York. Je voulais faire entrer la vie dans le film. Qu’on ne sache plus ce qui était mis en scène et ce qui ne l’était pas. Se sont mélangées aux images du tournage, celles du repérage, de la rue. Le film est devenu magicien. Il m’a offert des surprises, des moments de grâce.

J’avais le luxe d’explorer le médium cinéma avec deux comédiens fabuleux, Emmanuel Schwartz et Pascale Bussières, qui ont accepté d’emblée le processus créatif d’IMPETUS.

 
 

J’ai retrouvé ma caméra stylo, comme au temps de La Course destination monde, afin de pouvoir réagir de manière spontanée aux surprises du réel, permettre à l’imprévu de triompher sur le planifié. C’est un acte de foi, pour les acteurs, comme pour tous ceux qui ont embarqué dans l’aventure, de cueillir les impetus qui surgissaient en cours de travail. Agnès Varda parle de cinécriture, une manière d'intégrer le mouvement dans l'écriture.

On pourrait dire que c’est un film hybride, ou transgenre! Une aventure filmique qui passe du masculin au féminin, de Montréal à New York, du réel à l’imaginaire…

C’est le film le plus libre que j’ai fait de ma vie. Un objet porté par l’instinct, qui invente sa forme au fur et à mesure, mu par une réelle quête de beauté.

Un film qui traduit la gravité de l’existence par la fraîcheur de la vie.

-  Jennifer Alleyn, cinéaste